Croire selon l’Abbé Pierre

 « Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir.

Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine.

Je continuerai à construire, même si les autres détruisent.

Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre.

Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité.

Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte.

Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent.

Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.

Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur.

Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse.

J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…

Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés. »

 

Abbé Pierre

“Oasis nature”… L’appel d’Hubert Reeves.

Hubert Reeves: il appelle les citoyens à s’organiser en réseau pour protéger notre écosystème

Hubert Reeves, célèbre astrophysicien, appelle les citoyens à s’organiser en réseau pour protéger la nature et l’écosystème, via le concept d’ « Oasis Nature ». L’idée n’a rien de révolutionnaire : il s’agit de reverdir villes et campagnes à l’échelle de tout un chacun. Mais la force de l’initiative repose sur le réseau et sur une charte de qualité : reverdir oui, mais pas n’importe comment !

L’astrophysicien Hubert Reeves est un touche à tout : à la fois docteur honorifique de plus de douze universités, passionné de musique classique, metteur en scène de spectacles, il est aussi et avant tout un fervent défenseur de l’écologie. Le franco-canadien est un militant écologique actif depuis les années 2000.

Les Oasis Nature : un concept… mais qui existe déjà 

Alors qu’il donne une conférence devant des milliers de personnes, Reeves est interpelé par un jeune homme : « Mais, et nous, à notre échelle, que peut-on faire pour changer les choses ? ». Une question récurrente à laquelle il aime répondre que chacun, comme le colibri de la légende amérindienne, peut « faire sa part » et apporter sa pièce à l’édifice. C’est à partir de là qu’il s’est donné pour objectif d’accompagner les gens dans leur recherche du mieux faire : car les bonnes volontés sont nombreuses, mais parfois désemparées.

C’est pour cela qu’il « invente » les Oasis Nature, des lieux où on décide de laisser la Nature reprendre ses droits. Cela peut être un jardin, un balcon, mais le but est bien de laisser prospérer la nature, sans presque aucune intervention humaine : « On peut créer une Oasis Nature sur n’importe quelle surface que vous possédez : que ce soit un balcon, ou un grand domaine – les jardins gigantesques de La Villette sont aujourd’hui des Oasis Nature », explique l’homme engagé.

 

Une exigence de qualité 

Quelle est la différence avec le jardinage normal, vous demandez vous ? Elle tient en ce qu’une attention particulière est accordée à la biodiversité : il ne s’agit pas seulement de laisser prospérer les plantes, il faut aussi penser aux bien-être des animaux et penser l’espace aménagé pour qu’ils y trouvent leur place. Quelques fleurs suffisent pour faire revenir coccinelles, abeilles et papillons, qui disparaissent trop souvent des « espaces verts » aseptisés des grandes villes. Pour cela, le réseau Oasis nature n’est pas avare en conseil : accrocher des nichoirs, créer une marre, installer des abris à insectes.

Pour adhérer au réseau Oasis Nature, il suffit d’envoyer un formulaire d’inscription, mais aussi et surtout de s’engager à respecter la charte des Oasis Nature : ainsi, si tous ces micro-jardins sont différents, ils se reconnaissent dans une seule et même charte. Ni un document juridique, ni liste d’exigences, c’est un engagement volontaire pour le respect de bonnes pratiques de gestion de son terrain, favorables à l’accueil et à l’épanouissement de la faune et de la flore sauvages. Ainsi, les membres s’engagent à utiliser le moins de produits chimiques possible, privilégier les techniques de jardinage dites « douces », limiter leur consommation d’eau, limiter leur éclairage, sélectionner des plantes locales et de saison, etc.

Un réseau pour donner de la force aux actions 

Présidant « Humanité et Biodiversité » depuis 2001, Hubert Reeves connaît les avantages que présente l’associatif. Et c’est cela la grande force des Oasis Nature : mettre en réseau les gens qui prennent des initiatives personnelles. Reeves ne s’y trompe pas, son « concept » existe depuis longtemps déjà. Par contre, son mouvement permet aux personnes engagées de grouper leurs forces et de se conseiller les uns les autres. L’objectif est de construire un maillage, une mosaïque d’espaces favorables à la biodiversité partout sur le territoire.

L’Echo des Oasis Nature, l’info-lettre du réseau, est envoyé à tous les membres du réseau. Chaque numéro contient les actualités des membres, de nombreux conseils de jardinage écologique et une fiche technique.

Globalement, Hubert Reeves est pessimiste quant à l’avenir de la Terre si personne ne réagit. Dans son livre publié en 2003, Mal de Terre, il fait le constat d’une planète au bord de l’asphyxie. Mais une lueur d’espoir persiste : cette lueur, ce sont les Oasis Nature. « Et cela peut compter, cela peut faire quelque chose« , assène Hubert Reeves. Une initiative à suivre ?

Source :lareleveetlapeste.fr rendez-vous sur leur site pour les soutenir

Sources : Humanité Biodiversité : sur les Oasis Nature / Vidéo sur Sciences et Avenir /Article sur Sciences et Avenir

Crédit Photo : ©Vincent Isore/IP3 press; Paris, France le 20 Septembre 2013 – Conférence environnementale consacrée a « l emploi » et a une « nouvelle politique industrielle » basée sur l économie des matières premières au Conseil économique, social et environnemental – Hubert Reeves

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Encyclique Laudate Si…

 

C’est ainsi que commence cette encyclique dédiée à la création et à l’écologie humaine.

«Laudato si’, mi’ Signore », – «Loué sois-tu, mon Seigneur», chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : «Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe »

Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. 

La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui «gémit en travail d’enfantement» (Rm 8, 22). Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7).

Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous  donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure.

Texte intégral encyclique Laudate Si

10 ans déjà : l’Abbé Pierre une œuvre de vie.

HENRY GROUES, fondateur d’Emmaüs, a quitté notre monde le 22 Janvier 2007.

Ce départ du Grand Homme a laissé un vide, car il savait parfaitement secouer  les consciences et remuer les dirigeants de ce monde qu’il a quitté. Son œuvre et ses Compagnons subsistent, et leurs actions sont terriblement d’actualité…

ARTICLE DU MONDE

SES OBSÈQUES

Ecouter le désespoir et donner une lueur d’espoir …

 Chronique  de Victoria Douglas de Antiquis

« Mon Voisin » 17 août 2014

C’est un matin d’été du mois d’août 2014, où la saison semble déjà automnale en région parisienne.
Soudain un bruit léger de pas devant mon portail attire l’attention, mon chien ne manifeste aucune désapprobation, je sors immédiatement monter la garde à sa place, l’animal se repose comme un bienheureux dans mon canapé !

Un homme inconnu jusqu’alors m’aborde et engage la conversation sur les difficultés actuelles qu’il rencontre dans la vente de son bien immobilier, certes il est assisté de professionnels de l’immobilier comme de son notaire, mais en ce moment difficile où la crise n’empêche aucunement les acheteurs de partir en vacances, c’est là un drame pour lui, comme pour tant d’autres vendeurs en ce moment… Les contacts utiles se font très rares !

Je suis à l’écoute, et un peu stupéfaite de l’entendre juste après narrer l’ampleur de ses problèmes :

Patrice Mon Voisin, recherche désespérément un emploi, depuis près de quatre ans, technicien en électronique, il a subi un licenciement, et n’a plus rien pour vivre en ce moment à part le revenu minimum d’insertion RSA ; et comme un malheur n’arrive jamais seul, sa femme l’a quitté et a conservé la garde de leur fils Jean. Patrice m’exprime alors son malaise, car son ex épouse a refait sa vie dans un endroit privilégié par les touristes en bord de mer, loin d’ici.

Voilà que Patrice Mon Voisin, se confie encore plus avec l’expression d’un désespoir auquel je ne m’attendais pas ! Cet homme est « au bout du rouleau » et m’explique que son père vient de décéder d’une tumeur au cerveau. Sa famille proche ne fait pas l’effort de le comprendre, et devient hostile à toute aide morale ou matérielle le concernant…

En effet « je me sens un rebut de la société, indigne, je ne sais plus faire face à mes créanciers, et j’anticipe le pire qui pourrait se produire, si ma maison ne se vend pas ! Je suis très mal dans ma peau  et   je crains de faire une bêtise ! J’ai d’ailleurs tenté en vain de me pendre dans mon garage récemment » !

Ses propos que je ressens sincères me glacent. Je parle avec lui plus d’une heure et demie, sans m’inquiéter du temps qui passe, et lui communique mon ressenti de la situation … Je ne sais pas à cet instant si mes avis lui semblent utiles.

En effet je détecte en lui un profond mal être qui remonte à l’enfance et même à sa conception, puisque sa propre mère lui a avoué qu’il n’était pas un enfant désiré, mais que seul son père aujourd’hui décédé avait souhaité sa venue au monde. Le départ de son père a dû faire resurgir cette sensation de rejet et la disparition du seul soutien réel affectif qu’il ressentait dans la vie ! Tout cela potentialisé avec la rupture du couple, comme de la cellule familiale et le licenciement fait un cocktail détonnant !…

Le regard des autres ou plutôt de sa famille proche est pour lui un reproche constant « tu vas devenir S.D.F. (sans domicile fixe) », « tu n’es qu’un bon à rien » ! « Ton ex – femme, bien conseillée par son nouveau compagnon va obtenir facilement la garde exclusive de Jean » ! Encore plus charmant comme perspective !

Je lui enseigne alors ce qui me semble évident : que “Patrice est le pire juge pour lui-même”, et que ” plus il se sentirait inférieur ou plutôt marginal dans l’indignité, plus encore le jugement d’autrui serait négatif à son encontre et la situation ne ferait qu’empirer”.

Je le raisonne et tente de lui expliquer tout cela et par ailleurs je lui conseille de faire un travail sur lui. J’essaye également de le persuader « qu’il n’est pas le problème, ou plutôt qu’il ne faut pas qu’il s’identifie au problème qu’il rencontre actuellement » ! Ce qui bien sûr est loin d’être évident. (1)

Je parlemente avec cet homme de 55 ans, inconnu jusqu’alors, comme s’il était un proche en lui expliquant qu’il peut et doit se faire aider, ne serait-ce que pour se battre et conserver en vie le père de son fils Jean ; c’est important pour l’enfant d’avoir un père vivant et présent !

Le facteur de passage alors semble le connaître puisqu’il l’appelle par son prénom. Plus tard : le lendemain, le préposé de La Poste me confie que Patrice dans le passé était « un orgueilleux qui écrasait tout le monde », je lui ai dit illico presto que Patrice semble avoir beaucoup changé !

Patrice Mon Voisin termine notre longue conversation en plaisantant : « peut-être qu’un jour quand j’aurai tout perdu, je viendrai planter ma tente dans votre jardin » ! Bien décidée à l’aider, je propose de lui donner des adresses utiles,  les coordonnées de professionnels ou d’associations susceptibles de l’aider.

C’est une évidence, Patrice a une telle dévalorisation du moi, et une panique totale sur ce qu’il imagine être son avenir. Patrice a l’impression que sa famille souhaite le faire interner en hôpital psychiatrique et ne sait plus vraiment à « quels saints se vouer »…

J’avoue que la détresse de cet homme me touche profondément, et que j’ai appelé les services sociaux communaux qui ne semblent pas le connaître tant qu’il ne fait pas lui-même la démarche, même si Patrice m’a avoué “ne plus avoir de quoi se nourrir”…  C’est là que nous pouvons à nouveau dire que « les plus grandes douleurs ou les plus grandes détresses sont muettes » ! Habituée à prodiguer des conseils je me suis plongée dans l’action…

La seule indication reçue des services locaux d’action sociale est le centre médico-psychologique le plus proche, mon interlocutrice ne semblait pas du tout perturbée par la détresse de Patrice, plus obnubilée par ses facturations qu’impressionnée par l’urgence de la triste réalité humaine…  Il est vrai que l’ensemble des travailleurs sociaux sont transférés depuis peu dans une autre commune située à 20 km d’ici !  Vivre ensemble devient aussi un désert social en 2014.

Je crois avoir passé les vingt-quatre heures suivantes à réunir les services susceptibles d’aider Patrice dans ses démarches, j’ai collecté les adresses et numéros de téléphone des interlocuteurs locaux solidaires (organisations caritatives laïques ou religieuses) ou d’assistance psychologiques, ou aide au repositionnement des chômeurs… Je ne suis pas sure que Patrice va les utiliser tous, mais au moins dans ma liste, les bonnes volontés représentent la majorité…

J’ai fait de mon mieux, je crois, en ce qui concerne mes compétences : je n’ai fait qu’écouter le désespoir en donnant une lueur d’espoir, tout au moins je l’espère !

Cette chronique est malheureusement inspirée de faits réels, car seuls les prénoms sont fictifs afin de respecter l’anonymat.

Que peut-on faire dans de telles circonstances, sinon de rester impliqué face à la détresse humaine, même si « c’est une goutte d’eau dans l’océan » (2), c’est toujours une pierre à l’édifice de la reconstruction de l’humanité, sur un des principes français très républicain qu’est  « la fraternité » ?

C’est ici que mon ressenti est tristement en accord avec le discours du Pape François en l’île de Lampedusa, je cite : Dans ce monde de la globalisation, nous sommes tombés dans la globalisation de l’indifférence“…  

http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/nouveautes/direct-de-rome-visite-du-pape-francois-sur-l-ile-de-lampedusa-et-messe/00078173?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

« Les plus grandes douleurs ou les plus grandes détresses sont muettes » ! Les accidents de la vie, sont très durs psychologiquement à supporter par la personne qui les subis. Ces drames personnels sont de réels traumatismes, qu’il n’est pas simple de dépasser afin d’avoir les idées claires, combattre et surtout accepter de demander l’aide des services compétents. Ceci, dans l’hypothèse où ces derniers se dévouent à leur mission : d’être à l’écoute et/ou d’apporter des solutions…!

En effet, si Mon Voisin est arrivé à confier la profondeur de sa détresse à une parfaite inconnue, c’est certainement le résultat d’une incompréhension totale de son environnement, dû à l’éclatement de la cellule familiale, autant qu’à l’exclusion sociale générée par son licenciement.

Ce qui me semble encore plus curieux est également le rejet systématique des proches sur le plan familial; alors que dans une telle période de crise, due à un “accident de la vie”,  le soutien de l’entourage, quand il a le mérite d’exister, est primordial.

Certaines situations peuvent devenir infernales, comme Louis Donval (dont j’ai eu le plaisir de faire la connaissance au Salon du Livre) le relate dans “Crédit pour l’enfer”  d’Yvan Kermadec.

HORS SÉRIE
Les solidarités familiales. Stratégies pour s’en sortir  Diffusé le 19/08/2014 / Durée 70 mn  Colloque Lien social et solidarité familiale face à la précarité du 16 novembre 2013, présenté par le département de recherche Sociétés humaines et responsabilité éducative et de l’Observatoire de la modernité. Intervenants : Ana Perrin Heredia, chercheure au C.N.R.S. ; Elisabeth Michel, Maison des Familles de Grenoble

http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/nouveautes/hors-serie-les-solidarites-familiales.-strategies-pour-s-en-sortir/00080901?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

 (1) Je partage ici le lien avec la pensée de Neale Donald WALSH du 19 Août 2014

« Vous n’êtes pas votre “histoire” »….  « you are not your “story. »… :

http://www.conversations-avec-dieu.fr/2014/08/19/histoire-personnelle

(2) “Nous savons bien que ce que nous faisons n’est une goutte dans l’océan.   Mais si cette goutte n’était pas dans l’océan, elle manquerait.” Paroles de Mère Thérésa.

Chronique de Victoria Douglas de Antiquis

© Copyright Victoria Douglas de Antiquis
French Holistic Writer
17 Août 2014
 

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